Flora : Quitter son CDI et devenir prof de yoga

Flora a quitté son CDI à Paris pour devenir prof de yoga à Marseille

Pour son 4e article, Orenda raconte le parcours professionnel de Flora. J’ai fait la connaissance de Flora grâce à la super communauté d’entraide des entrepreneuses marseillaises, Almaia. Son parcours pro m’a beaucoup inspirée, car il nous montre que oui, on peut changer radicalement de vie ! Son récit évoque des maux malheureusement très répandus aujourd’hui : le stress et le burn out. Mais ces épreuves difficiles lui ont permis de se reconnecter à ses ressentis pour trouver sa place.

Un métier passionnant

Flora fait ses premiers pas professionnels dans l’immobilier. Après un BTS immobilier en alternance, elle poursuit ses études dans une école spécialisée en droit immobilier, dans le but de devenir responsable de programmes chez un promoteur. 

« Plutôt que d’être sur les bancs de la fac avec des jeunes de mon âge, je me suis retrouvée qu’avec des professionnels qui avaient la quarantaine, qui connaissaient déjà beaucoup de choses. C’était vraiment impressionnant, il a fallu que je m’adapte à ça. »

Cette formation lui demande de travailler dur et de façon autonome, ce qui lui convient très bien. Après quelques stages, elle commence à travailler dans un grand groupe en tant que responsable de programmes immobiliers.

« Je pilotais des programmes de construction, c’est-à-dire que je m’occupais de la phase de montage d’un projet immobilier, jusqu’à la mise en chantier. »

Un métier qu’elle trouve d’abord passionnant.

« On est au contact de plein de gens, tout le temps, il y a un vrai travail d’équipe, c’est très stimulant, les journées ne se ressemblent pas. On part d’une idée et on crée dans la matière, c’est chouette. »

Métro, boulot, bobo

Si elle apprécie son métier, elle ressent, dès le début, un décalage avec sa façon d’être.

« Je me suis vite sentie étouffée par la hiérarchie et par le fait de toujours devoir porter un masque. J’avais l’impression que je ne pouvais pas être moi-même. Je ne me sentais pas à ma place. Il fallait que je rentre dans un moule, dans un cadre. J’avais l’impression que si on sortait du cadre, c’était vraiment mal vu. »

Ce métier avec énormément de pression, où la performance prime, devient assez vite difficile à supporter pour Flora.

Alors que tout le monde la félicite pour son début de vie professionnelle exemplaire : elle a décroché le fameux graal, le CDI dans une grosse boite, avec sa panoplie « confortable » de RTT, super mutuelle, intéressement… Flora se dit que quelque chose ne va pas. Ses collègues de 25 ans parlent de leurs problèmes d’insomnies et ont déjà des cheveux blancs… Après 1 an et demi de CDI, son corps aussi commence à parler.

« Un jour je me suis bloqué le dos à cause du stress. Et quand j’en ai parlé au bureau, on m’a dit : « ah oui, c’est normal, c’est le stress, moi aussi ça m’arrive ». Mais ce n’est pas censé être normal ! »

Très vite, le mal-être prend de l’ampleur et se solde par un burn-out.

« Un jour, j’étais sur un chantier, il faisait 40 °C, on avait une grosse pression, parce qu’on devait livrer plusieurs immeubles à un bailleur social, et on avait une problématique technique qui nous empêchait de finaliser la transaction à temps. En sortant du chantier, j’ai fait une grosse crise d’angoisse. Je suis rentrée chez moi et à partir de là, je n’ai pas pu retourner au travail. »

Alors qu’elle est en arrêt de travail, la façon dont l’humain est pris en compte dans son entreprise continue à la choquer : ses supérieurs ne s’émeuvent pas plus que ça de son état et continuent même à la faire travailler à distance, pour pouvoir avancer sur des dossiers importants, jusqu’à ce que les RH mettent le holà.

« Ce n’était même pas méchant, ils ne voulaient pas mon malheur, c’est qu’ils avaient tellement la tête dans le guidon qu’ils perdaient la notion de rapport humain, de la réalité. »

Un virage à 360°

Elle finit par négocier son départ et quitte Paris pour Marseille, attirée par la mer et la lumière.

« Cette expérience a été brutale, mais elle m’a permis de déconstruire complètement ma manière de travailler et d’opérer un virage à 360° degré dans ma vie. J’ai fait table rase de ma vie d’avant ! »

À Marseille, Flora est au chômage et ne connait personne, mais sortir de sa zone de confort fait pour elle partie intégrante du processus de transformation. Appelée par l’envie de se tourner vers ses passions, elle s’inscrit à deux formations : en yoga (yoga du sud avec Rosa Aguilera) et en ayurvéda, sans attentes particulières.

« Je ne savais pas comment, pourquoi, mais j’étais appelée par ça. Ma mère faisait des soins énergétiques, j’ai toujours baigné là-dedans, mais probablement par réaction, j’ai fait quelque chose de totalement différent. Ce milieu ne me parlait pas spécialement en tant que profession, mais le yoga en tant que pratique personnelle a été la chose qui m’a le plus aidée pendant mon burn-out, c’est ce qui donnait du sens à ce que je vivais, ça m’a aidé à me connaitre, à relâcher les tensions et à récupérer de l’énergie. »

Trouver Le bon chemin

C’est pendant la formation qu’elle se rend compte qu’elle est tout à fait à sa place.

D’ailleurs, dès la fin de sa formation, une connaissance parisienne lui propose d’animer des séances de yoga en ligne pour un groupe de femmes. Cette expérience lui permet de créer son statut d’autoentrepreneur et lui donne confiance pour se lancer.

« Après ça, j’ai commencé à donner des cours sur la plage. De 1 à 2 personnes au départ, le concept a commencé à prendre grâce au bouche-à-oreille, j’ai eu de plus en plus de monde et j’ai commencé à donner des cours particuliers. »

Dans le même temps, elle voit que la CMA-CGM (leader mondial du transport maritime) cherche un professeur de yoga pour ses salariés. Son profil est retenu notamment grâce à son expérience passée qui fait qu’elle connait bien les codes et les problématiques des grands groupes.

« Quand j’interroge les salariés sur la raison pour laquelle ils participent à ce cours, la réponse est éloquente, ils me répondent tous sans exception que c’est pour une problématique liée au stress. En ayant moi-même souffert, ça me tenait vraiment à cœur de pouvoir intervenir sur cette problématique en tant que professeure de yoga dans ce type d’entreprise. »

Sa communauté grandissante et le succès de ses cours de yoga sur la plage et au sein de la CMA-CGM, lui confirment qu’elle est sur la bonne voie et lui donne l’énergie pour développer son activité.

« Mon leitmotiv : créer des expériences immersives. Evènements, rando yoga, yoga doux à la bougie, yoga danse, cours dans des lieux insolites, yoga & art, yoga et sonothérapie… Je donne aussi des cours dans le centre de bien-être Les Naïades, à Marseille. J’aime beaucoup varier les plaisirs et les expériences, créer du lien entre les gens, créer une synergie. Ça me procure une immense joie. »

devenir autoentrepreneur après des années de salariat

Cette activité reconnecte Flora a ce qui lui plaisait le plus dans son ancien métier, le fait de développer de nouveaux projets, de partir d’une page blanche et de créer, mais avec ce petit plus non négligeable : pouvoir être elle-même !

« On a tous une énergie différente et on n’y prête pas assez attention. Le statut d’indépendant fonctionne mieux pour moi que le salariat, parce qu’il me permet de travailler et d’apprendre en prenant en compte ce que je suis. Aujourd’hui, je sais que je peux être beaucoup plus productive à des moments où je suis inspirée, où je prends en considération mon énergie. Quand j’écoute ce qui est fluide, sans avoir besoin de forcer tout le temps. »

Exercer une activité qu’elle aime en toute indépendance lui permet de mieux accepter les difficultés liées à l’entrepreneuriat.

« Ça demande beaucoup de boulot. Il faut être toujours moteur, toujours force de proposition, toujours être exposé. On a l’impression qu’on ne peut jamais se reposer sur ses lauriers. »

Aujourd’hui, comme tout bon entrepreneur, Flora continue à se former pour acquérir de nouvelles compétences et développe de nouveaux projets.

« J’ai commencé à créer des ateliers à mi-chemin entre le cours et la retraite de yoga. J’ai organisé une retraite de yoga en novembre dernier et je suis en train de travailler à l’organisation d’autres retraites. J’ai aussi lancé un premier programme de detox en ligne qui allie yoga et ayurveda et je souhaite en développer d’autres. »

Retrouvez Flora sur Instagram et sur son site internet Yoga Flora 🧘

Le message de Flora aux lecteurs d’Orenda

« Ouvrez un espace pour vous, pour vous écouter et apprendre à vous connaitre. Restez confiants et accrochez-vous à vos envies profondes. Certaines transitions demandent du temps. Ne vous acharnez pas à une mentalisation très précise d’un endroit où vous voudriez être, mais attachez-vous à ce que vous ressentez comme premier indicateur. »

Les livres « déclic » de Flora

📚 Le pouvoir du moment présent, d’Eckhart Tolle : « Parce qu’il m’a aidée à sortir du mental, à laisser la place à ce qui est en train de se passer, à être profondément ancrée dans le moment présent. Il nous apprend à ramener de la conscience dans ce qu’il se passe dans notre corps et autour de nous, au lieu d’avoir toujours la tête dans le guidon. »

📚 Comment rester serein quand tout s’effondre de Fabrice Midal : « Dans une période de grosses turbulences, il m’a aidée à maintenir le cap et à prendre du recul. »

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